Rasha H El-Owaidy, MD, PhD; Pediatrics and Clinical Immunology, Faculty of Medicine, Ain Shams University, Caire, Egypte
Traduit par Jeddane Leïla, PhD, Maroc

Introduction: Le syndrome Hyper-immunoglobuline M (HIGM) résulte d’une variété de defaults génétiques qui affectent l’interaction entre les lymphocytes T et B aboutissant à l’incapacité, par ces derniers, de ‘switcher’ de la production d’anticorps d’isotype IgM vers les isotypes IgG, IgA ou IgE.

La forme la plus fréquente d’HIGM est la forme liée à X qui résulte d’un défaut ou déficit d’une protéine trouvée à la surface des  lymphocytes T activés, appelée CD40 ligand (CD154), qui se lie normalement à un récepteur protéique à la surface des lymphocytes B, appelé CD40. Le CD40 ligand est également important pour d’autres fonctions des lymphocytes T. De ce fait, les patients qui ont un déficit en CD40 ligand sont susceptibles à toutes sortes d’infections, notamment des infections opportunistes, et à certains types de cancer. Certaines formes autosomales récessives du syndrome HIGM résultent de defaults dans les gènes impliqués dans la voie de signalisation du CD40 dans le lymphocyte B (les fonctions des lymphocytes T ne sont pas affectées). Un défaut dans un autre gène lié à X, NEMO, aboutissant à une forme de syndrome HIGM associée à une dysplasie ectodermique, a été identifié. La majorité des patients développent les symptômes cliniques pendant la première ou deuxième année de vie, sous forme d’infections récurrentes des voies respiratoires basses et hautes. La  diarrhée et la malabsorption apparaissent aussi fréquemment dans le XHIGM et le déficit en CD40, particulièrement due au Cryptosporidium causant une cholangite sclérosante.  Approximativement la moitié des patients avec un XHIGM ou un déficit en CD40 développent une neutropénie. Des manifestations auto-immunes peuvent également apparaitre. Le syndrome  XHIGM doit être considéré chez tout garçon présentant de infections respiratoires récurrentes sévères ou une infection opportuniste avec un taux d’IgG bas ou nul et un taux normal ou élevé d’IgM. L’absence d’expression du CD40 ligand à la surface des lymphocytes T activés est caractéristique du syndrome. La confirmation définitive du diagnostic dépend de l’identification d’une mutation affectant le gène CD40 ligand.   Les formes autosomales récessives de l’HIGM peuvent être suspectées chez un patient présentant les caractéristiques du XHIGM, mais étant soit de sexe féminin et/ou avec un gène CD40 ligand normal et une expression normale de ce dernier sur les lymphocytes T activés. Un déficit en NEMO peut également être suspecté chez un patient montrant des signes de dysplasie ectodermique.

Traitement: thérapie de substitution des immunoglobulines en sus d’une prophylaxie contre le Pneumocystis jiroveci. Quand elle est présente, la neutropénie peut également s’améliorer sous perfusion d’IgG. L’eau embouteillée devrait être utilisée pour éviter l’exposition au Cryptosporidium. La greffe de cellules souches hématopoïétiques a été réalisée avec succès chez de nombreux patients.

Observation: Notre observation concerne un garçon âgé de 3.5 ans, troisième enfant issu de parents consanguins (cousins germains). L’enfant a présenté des antécédents d’épisodes récurrents de fièvre prolongée, des otites de l’oreille moyenne à répétition, une bronchopneumonie et une diarrhée chronique depuis l’âge de 7 mois. A l’examen, le patient présentait une hépato-splénomégalie et une lymphadénopathie généralisée. Le bilan sanguin a montré une neutropénie intermittente, une hyperplasie lymphoïde atypique et une augmentation des précurseurs myéloïdes dans la moelle osseuse. Les résultats de cytométrie en flux étaient normaux pour les sous-populations lymphocytaires T et B. Le profil des immunoglobulines a montré des taux élevés d’IgM (4651 mg/dl) et des taux indétectables d’IgA, IgG et IgE. Les antécédents familiaux ont révélé le décès d’une sœur à l’âge de 4.5 ans avec le même tableau clinique.

Face à ces données, le diagnostic de syndrome HIGM syndrome avec manifestations auto-immunes a été suggéré. Cependant, le dosage du CD40 sur les lymphocytes B et du CD154 sur les lymphocytes T activés par cytométrie est nécessaire pour différencier le formes liée à X et autosomiques récessives, ainsi que l’analyse génétique afin d’identifier le défaut sous-jacent. Cette observation met en évidence l’importance de suspecter un déficit immunitaire primitif chez des enfants présentant des manifestations auto-immunes.

Références:

  1. Buckley RH. The immunologic system and disorders. In: Behrman RE, Kliegman RM, Jenson HB, editors. Nelson textbook of pediatrics. 19th edn. Philadelphia: WB Saunders; 2011. p. 680-742.
  2. Vickery JD, Michael CF, Lew DB. Evaluation of B lymphocyte deficiencies. Cardiovasc Hematol Disord Drug Targets 2013;13(2):133-43.
  3. Hyper IgM Syndromes. Immunodeficiency Foundation. Website URL:http://primaryimmune.org/about-primary-immunodeficiencies/specific-disease-types/hyper-igm-syndromes. Last updated 2013.

Login

Site Last Modified

  • Last Modified: Friday 10 February 2023, 01:23:37.

Visitors Counter

808920
TodayToday113
YesterdayYesterday342
This WeekThis Week113
This MonthThis Month455
All DaysAll Days808920

HONcode

This website is certified by Health On the Net Foundation. Click to verify. This site complies with the HONcode standard for trustworthy health information:
verify here.

Casablanca September A-Project

  Rwanda

  Cameroun

 Zambia

 Gabon

 Sudan

Program

 Benin

Go to top